Allemagne


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Mise à jour mai 2018

  • Population (2017) : 82 521 653
  • Taux de chômage (2017) : 3,7%
  • PIB par habitant (2016) en SPA : 123
  • Accroissement du PIB en volume (2017) : 0,7%
  • Taux d’inflation (2017) : 1,7%
  • Dépenses publiques en matière d’éducation en pourcentage du PIB (2011) : 4,98%
  • Population âgée de 25-64 ans ayant suivi une formation (2017) : 8,5%
  • Jeunes ayant quitté prématurément l’école et ne poursuivant ni études ni formation (2017) : 10%
  • Population âgée de 25-64 ans ayant atteint la fin de l’enseignement secondaire (2017) : 86,4%
  • Langues officielles : allemand

L’Allemagne est une république fédérale composée de 16 Etats (Länder), à travers le conseil fédéral (Bundesrat) les Länder jouent un rôle dans la législation et l’administration du pays. Le président fédéral (Bundespräsident) est le chef de l’État, il est élu pour une période de cinq ans et il représente le pays à l’international. Le Bundestag est l’assemblée parlementaire représentant le peuple de la République fédérale d’Allemagne et ses principales fonctions sont d’élire le chancelier fédéral et de surveiller et contrôler les activités du gouvernement fédéral.
L’éducation et la formation sont principalement sous la responsabilité des Länder : pour ce qui concerne la formation professionnelle elles s’occupent de la partie des enseignements dispensés à l’école, alors que le Ministère de l’éducation et de la recherche (BMBF) est responsable de la pratique en entreprise. Ce dernier travaille en collaboration avec l’Institut fédéral pour la formation professionnelle (BIBB) qui conseille le gouvernement et les prestataires de formation. La gouvernance du système allemand de formation professionnelle est caractérisée par une forte collaboration Etat-Employeurs-Syndicats qui se concrétise dans les comités formés par les employeurs, les employés et les plus hautes autorités de l’Etat.

Schéma du système éducatif allemand (version anglaise)

La formation initiale

L’enseignement préscolaire est assuré par des institutions qui accueillent les enfants jusqu’à l’âge de 6 ans. Traditionnellement, en Allemagne, les enfants de moins de trois ans sont pris en charge dans les crèches (Kinderkrippe), à partir de l’âge de 3 ans ils peuvent fréquenter les écoles maternelles.
La scolarité obligatoire commence à l’âge de 6 ans et a une durée de 9 ans.

L’enseignement primaire s’adresse aux enfants de 6 à 10 ans. La « Grundschule », l’organisme qui dispense cette formation a comme objectif de transmettre aux élèves des compétences de base.

Le premier cycle de l’enseignement secondaire est accessible dès l’âge de 10. Son objectif est d’approfondir les connaissances des élèves et de les préparer au second cycle. L’accès aux programmes du second cycle est soumis à l’obtention préalable du certificat d’études générales du premier cycle du secondaire (Hauptschulabschluss).

Le second cycle de l’enseignement secondaire s’adresse aux élèves de 16 à 19 ans.
Différents programmes de formation professionnelle sont proposés :

  • Des programmes à temps complet d’une durée d’1 à 3 ans selon le niveau de qualification sont proposés par les écoles secondaires (Berufsfachschule). Ils permettent d’accéder à différents métiers notamment dans le secteur commercial, artistique, de l’artisanat et de la santé.
  • Des programmes de formation générale d’une durée de 2 ou 3 ans avec une composante professionnelle qui donnent accès à l’enseignement supérieur (Berufliches Gymnasium/fachgymnasium) proposent des enseignements d’économie, nutrition, technologie et agriculture.

L’enseignement postsecondaire
Des programmes spécialisés (Berufsoberschulen,BOS et Fachschulen,FOS) d’une durée de 1 à 3 ans transmettent des connaissances plus approfondies et mènent à l’obtention des qualifications nécessaires à l’admission aux universités des sciences appliquées.
Les programmes BOS proposent de formations dans différents secteurs : technique, business, agronomie, nutrition, économie, affaires sociales et design.

Enseignement supérieur

  • Les élèves qui ont complété l’enseignement secondaire peuvent accéder aux formations de 3 à 5 ans de type universitaire.
    En Allemagne des universités de type dual existent, notamment pour ce qui concerne le secteur de l’ingénierie, des sciences économiques, des affaires sociales, de l’administration, du design, des mathématiques, de la technologie, de la nutrition, de l’informatique, de la communication, des soins infirmières et de la santé. Ces formations sont dispensées en partie à l’université et en partie sur le lieu de travail.
  • Les jeunes qui possèdent des compétences professionnelles et qui préfèrent opter pour des programmes de formation professionnelle avancés peuvent s’inscrire à des formations qui vont de 1 à 3 ans dispensées par les écoles techniques et de commerce afin de se spécialiser dans les secteurs de l’agriculture, du design, du business ou de la protection sociale.
  • Les élèves qui n’ont pas suivi une formation secondaire en école mais qui possèdent des compétences professionnelles peuvent accéder à des programmes de formation professionnelle avancée (de type supérieur) qui donnent accès à des métiers tels que maître artisan (Meister), ingénieur technique (Techniker), etc.

L’alternance

L’Allemagne est l’un des pays où le système dual est implanté depuis de nombreuses années ; avec 70% des élèves qui choisissent une formation telle que la voie par apprentissage, il constitue souvent un exemple.
La formation professionnelle en apprentissage s’adresse à tout élève ayant complété la scolarité obligatoire et elle est accessible à partir de 16 ans.

Pour ce qui concerne le second cycle de l’enseignement secondaire le système dual (duales System) d’apprentissage allemand prévoit des programmes de 3 ans dispensés pour environ 70% en entreprise et pour l’autre partie en école. 70% d’élèves choisissent une formation telle que la voie par apprentissage. Il n’y a pas d’exigences particulières pour accéder à ces programmes, mais un contrat d’apprentissage doit être signé entre l’apprenti et l’entreprise et ce sont les employeurs qui choisissent leurs apprentis. Les entreprises supportent les coûts de la formation en entreprise et paient un salaire aux apprentis. Ceux qui réussissent la formation sont qualifiés pour être employés comme travailleurs qualifiés. De plus, une partie croissante des formations en apprentissage délivre un diplôme qui donne accès à l’enseignement supérieur, ceci rend ce type de formation encore plus attrayant pour les jeunes.

L’apprentissage permet une transition harmonieuse de la formation au travail, ce qui entraîne un faible taux de chômage chez les jeunes (en 2015 le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans était 7.2% alors que la moyenne européenne était 20.4%) et contribue à la force économique du pays. Les entreprises dispensent les formations conformément aux règlementations en matière de formation professionnelle élaborées par les quatre parties prenantes (le gouvernement fédéral, les Länder, les entreprises et les syndicats). Ces normes sont assez flexibles et elles sont détaillées pour chaque métier. Ces réglementations sont régulièrement mises à jour afin de s’adapter aux changements technologiques : le BIBB ou les partenaires sociaux peuvent prendre l’initiative de modifier ou d’introduire une nouvelle fiche métier. La coopération entre Etat et partenaires sociaux est donc fondamentale pour ce qui concerne la formation professionnelle.
Pour ce qui concerne les examens ce sont « les chambres ou organismes compétents » qui établissent les normes pour chaque métier et délivrent le certificat de réussite. L’examen final couvre 5 ou 6 domaines d’applications de la profession et pour ce qui concerne les connaissances des matières générales (langues, mathématiques) ce sont les écoles qui s’occupent de l’évaluation.
Le financement provient pour la plus grande partie du secteur public, mais il est complété par les organismes privés et les entreprises qui signent le contrat d’apprentissage et qui dispensent donc une formation. Les écoles professionnelles sont financées principalement grâce au budget public : l’Etat couvre l’essentiel des coûts du personnel, tandis que les municipalités financent la majeure partie des coûts matériels.

La formation continue

Elle joue un rôle de plus en plus important dans l’amélioration de l’employabilité. Elle est caractérisée par une grande variété de dispensateurs et un degré relativement faible de contrôle de la part de l’Etat. Elle s’adresse à divers groupes : des demandeurs d’emploi sans diplôme ou qualification professionnelle aux cadres dirigeants. Les principaux dispensateurs sont des organismes privés, des associations, d’établissement d’aide social mais également des universités.

L’Etat et les Länder contribuent au financement de la formation continue en particulier en finançant les centres pour la formation des adultes (Volkshochschulen, VHS). De plus, l’Etat encourage la participation à la formation continue avec divers instruments de soutien et de financement par exemple à travers des subventions ou des prêts, en particulier pour les jeunes travailleurs.

La formation des salariés peut avoir lieu à l’intérieur ou à l’extérieur d’une entreprise, mais l’entreprise paie généralement pour la prestation et les enseignements ont lieu pendant les heures normales de travail. C’est l’entreprise qui choisit d’offrir ou pas une formation et pour quels métiers. Les taux de participation diffèrent selon le statut d’emploi : les employés à temps plein ont le taux le plus élevé (56% en 2014), suivis des employés à temps partiel (48% en 2014). Des formations externes sont proposées par les centres de formation professionnelle inter-entreprises (Überbetriebliche Berufsbildungsstätten, ÜBS), gérés principalement par les municipalités ou par des associations professionnelles, ou par des organismes de formation (Ausbildungsverbünde). Le financement est mixte, avec des subventions de l’agence fédérale pour l’emploi (BA), du gouvernement central (subventions d’investissement du BMBF) et des États ajoutés aux ressources de l’organisme responsable.

La formation des demandeurs d’emploi

Le taux d’emploi en Allemagne est significativement supérieur à la moyenne européenne pour tous les groupes d’âge.
Des formations sont proposées aux demandeurs d’emploi avec objectif d’améliorer les profils de compétences ou de les adapter aux nouvelles conditions du marché du travail afin d’augmenter leurs chances de réintégration du marché du travail.
Pour ce qui concerne le financement de ces formations, l’agence pour l’emploi délivre aux personnes qui remplissent les critères généraux d’éligibilité un bon d’études qui contient des données sur l’objectif de la formation et la durée. Le titulaire peut le faire valoir pour bénéficier d’une formation auprès de tout établissement de son choix qui est agréé pour ce type de financement.

Le cadre de certification allemand (Deutscher Qualifikationsrahmen, DQR) comprend huit niveaux de référence. Un effort pour ce qui concerne la comparabilité entre formation générale et professionnelle a été fait pour simplifier la compréhension des qualifications professionnelles, très recherché sur le marché du travail allemand. En effet, les qualifications professionnelles de niveau moyen (travailleurs qualifiés) représentent une part importante de la population active et constituent un pilier de l’économie allemande.

Qualité
Le système dual de formation professionnelle est considéré comme un modèle réussi menant à des certifications professionnelles de haute qualité.
La formation professionnelle prépare aux métiers reconnus au niveau national et est basée sur des règlementations qui garantissent le respect des standards nationaux.
La loi sur la formation professionnelle (BBiG) définit les institutions chargées de superviser les programmes de formation. Ces derniers sont appelés « organismes compétents » (zuständige Stellen) et agissent au niveau régional ; ils comprennent des chambres professionnelles ainsi que diverses autorités fédérales et étatiques.
De plus afin de proposer des programmes de qualité le gouvernement fédéral finance des projets de recherche spéciaux pour s’assurer que l’offre soit constamment mise à jour.
Pour ce qui concerne les politiques scolaires et l’enseignement supérieur un comité permanent (Kultusministerkonferenz, KMK) est responsable de l’uniformité et de la comparabilité des programmes ; ses décisions ne sont que des recommandations et ne deviennent juridiquement contraignantes qu’une fois adoptées par les Länder.

Particularités
L’agence fédérale de l’emploi offre une formation préprofessionnelle (berufsvorbereitende Bildungsmaßnahmen, BvB) aux jeunes et aux jeunes adultes de moins de 25 ans qui ont achevé leur formation générale obligatoire, ainsi qu’un soutien financier lors de formations professionnelles en entreprise.

Des formations d’initiation s’adressent aux jeunes ayant des perspectives limitées et leur permet d’acquérir ou d’améliorer leurs compétences. Les entreprises qui proposent ces formations d’initiation concluent un contrat avec les jeunes concernés. Les employeurs reçoivent une subvention pouvant aller jusqu’à 231 euros par mois pour rémunérer les stagiaires, plus une contribution forfaitaire au montant total moyen de la sécurité sociale à payer. À la fin du stage, les participants reçoivent un certificat délivré par l’organisme compétent (par exemple, chambre de l’industrie et du commerce, chambre des métiers spécialisés). Ce programme permet aux entreprises d’observer le stagiaire sur une période de six à douze mois, à l’image des périodes d’essai en France.

Pour en savoir plus

Germany Overview : Description of national education system
EACEA ; Eurydice

Germany : VET [Vocational Education and Training] in Europe - country report 2016
ReferNet - Réseau européen de référence et d’expertise ; ReferNet Germany ; CEDEFOP ; Ute Hippach-Schneider ; Adrienne Huismann ; BIBB - Bundesinstitut für Berufsbildung
Thessalonique : CEDEFOP, 09/2017. - 82 p.

ReferNet Germany
BIBB - Bundesinstitut für Berufsbildung

Report on Vocational Education and Training 2017
BMBF - Bundesministerium für Bildung und Forschung / Federal Ministry of Education and Research
Bonn : BMBF, 04/2017. - 150 p.

Formation professionnelle en Allemagne
Institut de l’économie allemande de Cologne
Berlin : Ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie, 09/2017. - 18 p.

VET Data Report Germany : Facts and analyses accompanying the Federal report on vocational education and training selected findings
BIBB - Bundesinstitut für Berufsbildung
Bonn : BIBB

Mis en ligne le 16 mai 2018

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