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Cour des comptes européenne : « la garantie jeunesse » de l’UE est loin de tenir ses promesses

Un rapport publié par la Cour des comptes européenne se penche sur les politiques de l’UE destinées à lutter contre le chômage des jeunes, et en particulier sur la « garantie pour la jeunesse ». Celle-ci avait été présentée en 2013 comme une garantie pour tout jeune européen de moins de 25 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation, de se voir proposer un emploi, une formation ou un stage dans les 4 mois suivant sa sortie du système scolaire ou sa perte d’emploi. Charge aux Etats membres de tenir cette promesse, avec notamment un appui européen budgétaire au titre de « l’initiative pour l’emploi des jeunes » (IEJ) de 6,4 milliards pour la période 2014-2020.

Les auditeurs de la cour des comptes ont analysé la mise en œuvre du dispositif dans 7 pays (France, Irlande, Croatie, Italie, Espagne, Portugal). S’ils relèvent certains effets positifs produits par la « garantie jeunesse », ils pointent surtout le caractère irréaliste des objectifs assignés par la Commission, et « la piètre qualité des données collectées et communiquées » par les Etats membres qui ne permet pas une évaluation fiable des résultats obtenus.

Leurs préconisations invitent à une remise en cause des politiques publiques européennes de lutte contre le chômage, qui ne devraient plus susciter des attentes impossibles à satisfaire. Pour cela, la Commission et les Etats membres sont invités à fixer des objectifs précis et réalistes au regard des principes énoncés : en particulier commencer par réaliser un état des lieux complet des coûts engendrés par la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse pour l’ensemble de la population concernée, et hiérarchiser les mesures correspondantes à mettre en œuvre en fonction des fonds disponibles.

Les États membres n’ont pas été en mesure de produire des estimations du coût global de la garantie pour la jeunesse et des financements disponibles, constate le rapport. Plusieurs travaux sont cités à titre indicatif pour chiffrer le coût annuel que pourrait représenter le fait d’atteindre tous les jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (dits « NEET »), au sein de l’UE : entre plus de 45 milliards d’euros par an selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et plus de 50 milliards selon la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail Eurofound.

À titre de comparaison, les fonds du FSE/de l’IEJ mis à disposition des 28 États membres de l’UE pour la période 2014-2020 s’élèvent au total à 86,4 milliards d’euros (soit 12,3 milliards d’euros par an). Le programme septennal prévoit de consacrer 12,5 milliards d’euros (soit 1,8 milliard d’euros par an) de ces fonds à la priorité du FSE « Intégration durable sur le marché du travail des jeunes », dont 6,4 milliards d’euros programmés au titre de l’IEJ et qui visent directement les NEET.

Source : Cour des comptes européenne

Mis en ligne le 6 avril 2017

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