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Europe – Afrique : les nouveaux modes de coopération dans l’enseignement supérieur

Quels nouveaux modes de coopération dans l’enseignement supérieur se développent entre l’Europe et l’Afrique ?

Les enjeux de cette coopération, ainsi que les types de projets financés par le programme Erasmus + sur son volet extra-européen, étaient au programme de la conférence « Erasmus +, les nouveaux défis de l’enseignement supérieur » organisée le 26 avril à Paris.

250 acteurs et décideurs de l’enseignement supérieur français, européen et africain ont participé à cette rencontre et échangé autour des partenariats développés entre les deux continents.

Répondre aux besoins de développement des compétences et de l’emploi pour la jeunesse

La stratégie portée par l’Union Européenne vise à répondre au défi démographique de l’Afrique a rappelé Deidre Lennan, chargée de mission Afrique à la Commission européenne. Il s’agit de favoriser la stabilité et la prospérité des deux continents.
Formation de la jeunesse et développement de l’économie constituent deux enjeux pour lesquels l’Europe est particulièrement impliquée, en tant que premier bailleur de fonds pour l’éducation en Afrique.

Favoriser la mobilité intra-continentale et inter-continentale

Le développement de la mobilité est visé à différents niveaux géographiques : entre pays africains, de l’Afrique vers l’Europe et réciproquement.

L’UE intervient à travers la diffusion des principes et outils de Bologne sur le continent africain, ainsi que par le financement de projets de mobilité avec le programme Erasmus +.

Au niveau de la mobilité intra-africaine, un cadre adopté par la Commission européenne et l’Union africaine est effectif depuis 2016. La participation de 122 universités de 39 pays africains a permis à ce jour à 2500 étudiants et professionnels de l’enseignement supérieur d’effectuer des mobilités.

L’ouverture aux pays d’Afrique de la « mobilité internationale de crédits » du programme Erasmus + a bénéficié entre 2015 et 2017 à plus de 5 400 étudiants et 4 200 professionnels d’Afrique ; dans le sens inverse, les professionnels prédominent avec plus de 3 000 mobilités de l’Europe vers l’Afrique, contre environ 1 300 au niveau des étudiants. Devenir plus attractif pour les étudiants européens constitue à ce niveau un enjeu d’innovation pour les futurs projets de formation euro-africains.

Développer des cursus communs et les Masters conjoints Erasmus Mundus

Les Masters conjoints Erasmus Mundus sont des cursus d’études internationaux dispensés par un consortium d’établissements d’enseignement supérieur de différents pays, qui aboutissent à un diplôme conjoint, double ou multiple.
Plus d’un tiers des cursus labellisés « Masters conjoints Erasmus Mundus » entre 2014 et 2017 associent une institution africaine partenaire dans le cursus proposé, les pays les plus représentés étant l’Afrique du sud, le Maroc, la Tunisie et l’Egypte.

De plus, les cursus labellisés « Master Commun Erasmus Mundus » offrent également un accès à des bourses de scolarité pour des étudiants du monde entier, qui ont bénéficié à 643 étudiants africains sélectionnés entre 2014-2017, pour lesquels se détache en tête des pays d’origine l’Ethopie.

Par ailleurs, cinq projets Jean Monnet [2] sont pilotés par des institutions africaines (d’Afrique du Sud et du Maroc).

Renforcer les capacités et soutenir les réformes

Le renforcement des capacités pour l’éducation supérieure comporte deux types de projets : des projets conjoints associant des établissements d’enseignements, et des projets impliquant des décideurs nationaux et portant sur des enjeux stratégiques et de réforme.

Parmi les 89 projets de renforcements des capacités sélectionnés entre 2015 et 2017, cinq pays du continent se détachent fortement en étant représentés chacun dans plus de 20 partenariats : l’Egypte, suivie de l’Algérie, du Maroc, de la Tunisie et de l’Afrique du Sud.

Le volet jeunesse du programme Erasmus + a par ailleurs permis de financer 136 projets de développement des capacités sur ce champ, auxquels ont participé 209 organisations du continent africain.

L’Union européenne soutient également la structuration d’un Espace africain de l’enseignement supérieur et de la recherche à travers deux initiatives : « Tuning Africa » et « HAQAA ».
Le programme « Tuning africa » pour l’harmonisation des programmes de l’enseignement supérieur associe 107 universités à travers 42 pays africains.
L’initiative « HAQAA » pour « Harmonisation, Quality and Accreditation » porte sur le développement d’un système d’assurance qualité et d’accréditation harmonisé.

Au cours de son intervention, Hortense Atta Diallo, vice-présidente des relations internationales de l’Université Nangui Abrogoua de Côte d’Ivoire, a insisté sur l’importance de développer l’appropriation du programme et de la marque Erasmus + par les acteurs africains de l’enseignement supérieur.
Enfin, Deirdre Lennan a annoncé pour la Commission européenne qu’un appel à projets pilote serait lancé en 2019 concernant le développement de l’ouverture à l’international de l’enseignement et la formation professionnels.

Plus d’informations :

Source : Centre Inffo, Département Régions Europe International, 17 mai 2018

[1Les projets Jean Monnet sont destinés à promouvoir les cursus d’études européennes dans le monde entier

[2Les projets Jean Monnet sont destinés à promouvoir les cursus d’études européennes dans le monde entier

Mis en ligne le 17 mai 2018

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